Le 31 janvier 2025, sur RTL (oui, il y a presque un an), Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, est intervenue dans le cadre d’un débat sur la fiscalité des entreprises. Lorsqu’elle fut interrogée sur les déclarations du patron de LVMH (Bernard Arnault), critiquant une surtaxe proposée par le gouvernement et affirmer que « pour pousser à la délocalisation, c’est idéal ! », elle a dénoncé ces propos et comportements en déclarant : « Moi j’ai envie de dire : les rats quittent le navire ».
À la suite de cela, une organisation patronale nommée ETHIC a déposé plainte contre la secrétaire générale de la CGT pour injure publique.
La plainte déposée par ETHIC est soutenue par des réseaux ultralibéraux et réactionnaires. Selon le journal Politis, cette association aurait même été « appuyée ou financée », comme certains think tanks et mouvements, par les fonds d’un projet nommé « Périclès ». L’objectif principal affiché du « projet Périclès » est d’assurer une victoire politique d’une alliance entre l’extrême droite et la droite libérale conservatrice.
Ce fonds est mené par un homme d’affaires ouvertement proche de l’extrême droite, Pierre‑Édouard Stérin.
Cette stratégie constitue une tentative d’intimidation visant à réduire au silence toutes celles et ceux qui défendent l’intérêt général et les travailleurs, et ceux qui osent critiquer le comportement de certains grands patrons.
Par ailleurs, un rapport du Sénat indique que l’usine Michelin de La Roche-sur-Yon avait bénéficié d’un don de plus de 4 millions d’euros via le CICE, un crédit d’impôt destiné à soutenir l’emploi et la compétitivité des entreprises. Ce crédit était à l’origine destiné à l’achat de machines pour moderniser l’usine. Cependant, seules deux machines ont été installées avant la fermeture du site, et les autres ont été utilisées ailleurs, à l’étranger, puis finalement revendues après la fermeture de l’usine en 2020, entraînant la suppression d’environ 613 emplois.
Suite à cela, Michelin s’est déclaré prêt à rembourser ces aides, (probablement pour protéger son image de marque), d’autant plus que 4 millions d’euros en 2017 et en 2025 ne valent pas la même chose. Michelin a travers cette action se paye une sorte de publicité.
Cet exemple n’en est qu’un parmi d’autres, car le CICE bénéficie à de nombreuses entreprises, y compris à celles qui licencient.
Nous ne pouvons donc qu’être solidaires avec notre secrétaire générale. La CGT réaffirme avec détermination qu’elle ne se laissera jamais bâillonner ni détourner de son mandat : défendre les droits collectifs, dénoncer les abus patronaux et porter une ambition de justice sociale.
C’est pour toutes ces raisons que la CGT de la ville de Lyon apporte tout son soutien à Sophie Binet, dans un combat qui devrait être mené par tous pour lutter contre l’exil fiscal, les délocalisations, et pour le maintien de l’emploi et du savoir-faire en France.