Quand le mépris d’État banalise les violences sexistes et sexuelles

« Grande cause nationale », l’expression a été répétée par Emmanuel Macron pour qualifier l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. En qualifiant de « sales connes » des militantes féministes venues protester contre la venue d’Ary Abittan, accusé de viol et de violences sexistes et sexuelles, Brigitte Macron n’a pas seulement proféré une insulte, elle a exprimé un mépris profondément sexiste à l’encontre de femmes mobilisées contre les violences. Ces mots prononcés par la Première Dame, résonnent comme un signal glaçant : celui d’un pouvoir qui disqualifie celles qui dénoncent, qui ridiculise celles qui résistent et qui préfère protéger des figures médiatiques plutôt que d’écouter les alertes féministes.
Ces propos ne sont pas anodins. Ils s’inscrivent dans un système : lorsque des femmes s’organisent, prennent la parole et contestent l’ordre établi, elles sont systématiquement rabaissées, insultées, décrédibilisées. La violence verbale devient alors un outil politique pour maintenir le silence, décourager l’engagement et délégitimer les luttes.
Le soutien affiché à un artiste accusé de viol participe de cette banalisation des violences sexistes et sexuelles. Il alimente la loi du silence, celle qui protège les agresseurs présumés et isole les victimes. Comment prétendre soutenir ces dernières lorsqu’elles sont tournées en dérision ? Comment exiger la confiance des citoyennes quand le sexisme s’exprime sans complexe jusque dans les plus hautes sphères de l’État ?
Cette contradiction se matérialise aujourd’hui à Lyon. Le spectacle lyonnais de la tournée d’Ary Abittan initialement programmé le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, avait déjà suscité l’indignation. Face à la mobilisation des associations féministes et au dépôt d’un préavis de grève par la CGT Ville de Lyon, la représentation avait été reportée. Mais cette représentation est désormais annoncée pour le 10 janvier 2026, comme si un simple changement de date suffisait à effacer le problème.
Pour la CGT, la réponse est claire : une salle municipale ne peut accueillir un spectacle qui provoque un tel malaise. Maintenir cette programmation reviendrait à banaliser les violences sexistes et sexuelles dans un lieu qui devrait incarner la solidarité, l’égalité et l’émancipation. La municipalité ne peut ignorer les alertes répétées des associations féministes.
C’est pourquoi un préavis de grève a été déposé pour le 10 janvier, afin de construire une mobilisation avec les agents en faveur de l’égalité professionnelle et contre les violences faites aux femmes.

Laisser un commentaire

Vous avez des propositions, des suggestions ou des réaction à apporter ? N'hésitez pas à commenter cet article...

guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Suivez-nous sur les réseaux

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com